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Vous avez dit « monde d’après » ?

(les textes en italique sont extraits de “Un temps pour changer”, du pape François).

Ce que la pandémie nous a appris, c’est notre vulnérabilité, détruisant le mythe de l’autosuffisance qui nous a tourné la tête. Le confinement a fait émerger des sentiments fraternels qui ont renforcé des liens.

Ainsi, je veux croire que « le monde d’après » dont on a tant parlé depuis deux ans, sera fait de personnes qui auront commencé à comprendre ce que veut dire « accepter de dépendre », rompant avec l’individualisme qui marque nos vies. Nous pouvons sortir meilleurs de cette crise, plus ancrés dans le réel, en choisissant mieux ce qui compte pour tous.

Mais il y a mille autres crises, toutes aussi terribles, certes qui ne nous touchent pas directement. Regarde par exemple ce que les nations dépensent en armes : cela te glacera le sang. Considère aussi qu’il est inimaginable qu’autant de femmes et d’enfants soient encore exploités pour le pouvoir, le plaisir ou le profit.

Ainsi, dans la série des transitions indispensables (écologique, énergétique) pour franchir « ce nouveau monde », n’aurait-on pas oublié la transition financière ? L’illusion des puissances de l’argent mène certains hommes à la folie, et rend esclaves bien d’autres, rappelant cette mise en garde de Jésus : « on ne peut pas servir deux maîtres, Dieu et l’argent ».

Les défis humains, économiques, sociaux et écologiques sont vraiment les différents visages d’une même crise. Se pourrait-il que le fait de remplacer l’objectif de croissance et de profit par celui de nouvelles formes de relations ouvre à un autre type de système économique, qui réponde aux besoins de tous dans les limites des moyens dont notre planète dispose ? Une économie plus maternelle qui soutient, protège et régénère, au lieu seulement de réglementer et d’arbitrer ? De telles idées, longtemps rejetées comme idéalistes ou irréalistes, semblent maintenant visionnaires et pertinentes !

Nous devons repenser l’économie pour qu’elle puisse offrir à chaque personne l’accès à une existence digne tout en protégeant et régénérant la nature. Nous avons besoin d’institutions sociales fortes, défendant les biens communs essentiels et intégrant les plus petits. Sans cela, l’État est impuissant et la société n’est plus qu’un marché où certains font du commerce tandis que les plus pauvres souffrent.

Ɲ

Chaque fois que des idéologies prétendent remplacer la perception ou la connaissance intime et intuitive que nous avons du réel, du vrai, du beau, du bien, des êtres humains souffrent, le monde souffre.

Chaque fois que l’argent passe avant toute autre chose ou tout bien, des êtres humains souffrent, le monde s’abime.

Chaque fois que la tentation grandit de voir l’autre comme étranger ou ennemi et de lui dénier sa dignité réelle, l’humanité régresse.

Ce genre d’enfermement ou de refus coupe rapidement des autres, accentue le délitement des liens d’appartenance au sein même des nations, et rend finalement triste, aigri, anxieux.

Ce qui est dommage, voire terrible, quand on s’enferme dans des illusions qui masquent la réalité, c’est qu’on oublie de contempler les beautés qui nous sont données tous les jours et qui nourrissent vraiment notre âme. A force de ne plus les voir, on finirait même par douter de leur existence…

Ɲ

La beauté, signe de Dieu qui déborde d’amour pour nous, est aussi la porte d’entrée de la conscience écologique. Souvent, nous sommes tellement habitués à posséder, et si peu à remercier… Les dégâts causés à la terre découlent aussi de cette perte de conscience de la gratitude.

L’écologie ne se limite pas à prendre soin de la nature : il s’agit dans un même élan de prendre soin les uns des autres, frères et sœurs en humanité.

L’humilité devant Dieu est une clé qui déverrouille la fraternité et la paix sociale.

Tu dois aller aux périphéries de l’existence si tu veux voir le monde tel qu’il est.

Ɲ

Si tu veux réellement aimer, si tu crois profondément que le sens de nos vies se trouve là, alors tu dois d’abord te libérer de ce qui t’empêche de voir ce qui est beau en toi et autour de toi, et d’aimer.

Seul le visage d’un autre peut révéler le meilleur de nous-mêmes ; en servant d’autres personnes, nous nous sauvons ensemble. C’est une compréhension malheureusement absente des récits politiques contemporains, libéraux ou populistes.

Si tu sens que cette libération est difficile, et même parfois trop douloureuse, demande de l’aide, car personne n’a tout seul le discernement complet de sa vie. Écoute, prie et fais confiance. « Sans moi, vous ne pouvez rien faire ! » disait Jésus à ses disciples. Il y a toujours une heure où Il va passer : n’oublie pas d’être là ! Il veut sauver ce qu’il y a de plus beau en toi ; Il veut te sauver et te donner sa joie, mais pas sans ton accord…

Éprouvons-nous le besoin d’être sauvés, ou seulement d’être protégés, reconnus ? Paradoxalement, nous vivons un temps où de plus en plus de personnes, souvent rigides et autoritaires, se présentent comme des sauveurs, à tous les niveaux, parce que nous avons bien des peurs en nous. Certaines sont réelles, d’autres sont murmurées et attisées par ceux qui les exploitent, empruntant au passage des éléments de vocabulaire en rapport avec nos traditions les plus respectueuses pour nous inciter à aller dans leur sens, dans leurs vues étriquées, pour des combats qui ne sont pas les nôtres, en général. Vigilance !

Pourtant, je le sais, et je l’espère aussi : il y a en chacun de nous de belles choses, de nobles désirs, des trésors de créativité aussi, parfois endormis, mais qui ne demandent qu’à pousser, à fleurir, pour ne pas passer à côté de la beauté, de la bonté et de la générosité qui sont les fleurs de la vraie vie !

Ɲ

Il y a un temps pour voir, un temps pour choisir, un temps pour changer, nous dit très justement le pape François.

Un temps où il faut choisir de ne pas laisser enfouis nos talents, de préférer un bien plus universel et durable que nos simples envies qui changent tout le temps. Parce que ce qui a été déposé en nous par le Créateur et souvent mûri par notre travail, peut et doit être partagé pour le bien de tous.

Nous avons besoin de systèmes économiques qui donnent accès à tous aux fruits de ce monde, aux besoins fondamentaux de la vie : la terre, un toit, un travail qui a du sens.

Nous avons besoin de modes de vie plus modérés, de changer notre conception du progrès et de la réussite.

Nous avons besoin d’une politique qui intègre les plus vulnérables au lieu de les rejeter ou de les ignorer. Une bonne politique laisse les pauvres peser dans les décisions qui concernent leur vie.

Nous devons ralentir, faire le point et concevoir de meilleures façons de vivre ensemble sur cette terre, qui pourra se reposer et guérir.

Ɲ

Dieu agit dans la simplicité des cœurs ouverts, dans la patience de ceux qui savent s’arrêter tant qu’ils n’y voient pas clair.

Puisque la fraternité est la destination que le Créateur assigne au cheminement de l’humanité, la voie principale est de reconnaître la dignité de chaque personne humaine, condition préalable à toute protection d’une existence personnelle ou sociale, et condition nécessaire à la réalisation d’une amitié fraternelle et sociale entre les peuples de la terre.

Sur ce chemin, il me semble qu’un chrétien n’a pas besoin d’être triomphant pour exister pleinement. A l’image du Christ qui donne tout sans bruit, c’est l’image du levain dans la pâte qui doit nous rassurer : un enfouissement dans l’apparence banale de l’existence quotidienne, mais qui produit un bon fruit. Ce qui n’exclut nullement de rêver et de voir grand. Au contraire ! Les âmes les plus humbles de l’histoire font toujours preuve d’une immense profondeur, de grands désirs et d’inventivité.

La joie du Christ reconnu comme Dieu et sauveur les accompagne et leur redonne confiance et courage, au sein même des découragements de ce temps… Celui qui rencontre le Christ réalise avec reconnaissance que ses aspirations, ses désirs, ses rêves profonds sont rendus possibles. L’amour, c’est du concret, mais ça n’a pas besoin de trompettes. Si ça se voit, c’est un beau signe, mais aimer véritablement dans le secret de sa conscience et de son cœur aide le monde à grandir.

Quand je doute de cela – parce qu’une partie de moi croit encore en la toute-puissance (peut-être devrais-je réserver ces idées aux romans et aux fictions ?) – je me souviens de Thérèse de Lisieux qui voulait faire connaître et aimer le bon Dieu au monde entier, et qui a passé sa vie de religieuse au Carmel. Et pourtant, quelle fécondité que cette courte vie de 24 ans ! Il faut lire « Histoire d’une âme » avec un cœur d’enfant…

Quoi qu’il se passe à présent, tout en essayant de rester présent à la Présence, j’ose te souhaite une belle année 2022, avec ta famille, tes proches, celles et ceux qui ont de l’importance à tes yeux.

Je nous souhaite à tous d’ouvrir les yeux pour construire là où nous sommes, autant que nous le pouvons, un monde d’espérance, de sollicitude, de soin, particulièrement auprès des plus petits.

MV


Plus souples dans un monde trop raide

Les êtres que nous sommes ont besoin de ressentir un vrai contact humain fort. Tout ce que nous vivons, finalement, n’a de réelle beauté et ne trouve son sens profond que si nous rencontrons sur notre route des personnes avec qui le partager et se laisser rejoindre. « Des coeurs qui comprennent », comme se plaisait à le dire Marie-Dominique Molinié. Il y a « tant de mains pour transformer le monde, et si peu de regards pour le contempler ! » disait Julien Gracq, incluant certainement les personnes humaines, et particulièrement, je pense, celles laissées en périphérie par la société à grande vitesse. Et pour nous faire oublier l’injustice de ce monde, on nous propose sans cesse des plaisirs et des distractions, qui nous font aussi oublier l’Ami divin, le grand consolateur. Certes, trop de souffrances et de manques d’amour cachent en ce monde, et pour beaucoup, le visage de Dieu. Alors, n’est-ce pas d’abord aux chrétiens de prier avec les mots de Saint-François d’Assise : « que je sois si bienveillant et si joyeux que tous ceux qui m’approchent sentent Ta présence. Revêts-moi de Ta beauté, Seigneur, et qu’au long de ce jour, je Te révèle » ?

Michel-Marie Zanotti-Sorkine disait récemment qu’« il faut descendre profondément dans le cœur de l’homme et lui donner l’indulgence de Dieu ». Oui, l‘essentiel est de pouvoir faire l’expérience de l’amour de Dieu au moins une fois dans sa vie ! Et cela change tout, à l’image de Charles de Foucaud qui écrivait en 1898, suite à sa bouleversante « rencontre » avec ce Dieu tant combattu par lui : « ayez au fond de l’âme gravé profondément ce principe d’où tout découle : que tous les hommes sont vraiment, véritablement, frères en Dieu, leur Père commun ; et qu’il veut qu’ils se regardent, s’aiment, se traitent en tout comme des frères les plus tendres ».

Alors, pour commencer l’année, j’aimerais te conseiller la lecture d’un livre (1) qui fait du bien. Un voyage initiatique aussi dense qu’imprévisible, des paroles pleines de bons sens et de sagesse, et qui touchent au plus profond de nous-mêmes. Extraits : « allez plus haut chercher l’eau vive ! Car vous crevez d’envie d’aimer d’un amour qui ne finirait jamais, et vous souffrez comme un désespéré quand vous voyez que vos amours ont été emportées comme les feuilles d’automne qui volent sous le vent… Mais bon sang, faites-Lui confiance !». « On donne pour donner, comme on aime pour aimer : le retour ne nous regarde pas ».

Sur ce chemin, je te souhaite une belle et heureuse année !

M.V., le 20 janvier 2018

(1) Le passeur de Dieu, Michel-Marie Zanotti-Sorkine, Edition Robert Laffont, 2014.


Pour un futur du politique

A l’heure où la France cherche un nouvel élan politique pour son avenir, j’ai désiré commencer ce début d’année par une réflexion sur le sens du « vivre ensemble dans le monde actuel ».

D’abord, il me semble que nous désirons toujours que les choses aillent mieux. Dans nos vies personnelles, comme dans la société. Pour autant, si nous sommes réellement portés à désirer le bien, a-t-on toujours la volonté de tout mettre en œuvre pour le voir se réaliser ? Telle peut être la question, qui a un sens éminemment politique lorsqu’il s’agit du bien commun d’un peuple.

Je crois que pour réaliser cette aspiration à un « mieux-être », il faudrait (re)définir le sens de l’activité économique et de la vie en société. Une majorité de nos concitoyens sont bien conscients que la question du sens a peu à peu déserté le débat politique. Au point que nombre de ses acteurs, au-delà même d’ambitions personnelles parfois légitimes, se complaisent au final aisément dans des manœuvres et calculs électoraux, des paroles non tenues, des comportements partisans et démagogiques… mais surtout manifestent l’absence de vision à long terme de notre société, mis à part cette inlassable répétition du couplet sur le progrès, la technique, les nouvelles technologies, les grands projets… Mais pour qui ? Pour quoi ?

Cette fuite en avant et ces attitudes sont devenues insupportables à l’heure où un nombre croissant de personnes a le sentiment de vivre dans une société de plus en plus injuste. Faut-il rappeler que la France compte désormais dix millions de pauvres ? Oui, il le faut ; mais cette ampleur ne m’a pas semblé prioritaire dans les récents débats pour la présidentielle. Cynique indifférence ou désolante incapacité à changer quoi que ce soit ?

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« Le sens de la politique est de contribuer à l’édification d’une société plus juste et plus humaine, d’une société accueillante et fraternelle. Être au milieu des gens ne signifie pas seulement être ouverts et rencontrer les autres mais aussi se laisser rencontrer, appeler, toucher, interpeller, pour pouvoir participer à tout ce que les autres peuvent donner. L’expérience nous dit qu’habituellement, nous recevons des autres plus que nous ne nous donnons. Il y a une richesse humaine authentique tissée d’innombrables histoires de solidarité, d’aide, de soutien. La vie concrète est possible parce qu’elle n’est pas la somme de nombreux d’individus, mais l’articulation de nombreuses personnes qui concourent à la construction du bien commun. Être ensemble nous aide à voir l’ensemble, et notre regard est enrichi.

Mais quand le peuple est séparé de qui commande, quand on fait des choix en vertu du pouvoir et non du partage, quand qui commande est plus important que le peuple et que les décisions sont prises par un petit nombre, ou sont anonymes, ou sont toujours dictées par des urgences (vraies ou présumées), alors l’harmonie sociale est en danger avec de graves conséquences pour les gens : l’argent commande, la pauvreté augmente, la paix est en danger et les gens vont mal » (Pape François)

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Si j’étais aux commandes de mon pays, je limiterais d’abord tous les engagements en politique à dix ans au plus, en deux mandats maximum. Personne n’est indispensable, et l’on peut servir son pays et les gens autrement et de bien des manières, quand on a vraiment le goût et la vocation du service du bien commun. L’homme étant faible, on éviterait ainsi les tentations liées à l’attachement excessif au pouvoir et à toutes ses dérives.
J’instaurerais immédiatement un ministère commun agriculture-santé, dirigé par des personnes compétentes et libres de toute attache avec certains milieux nuisibles de l’industrie et de la finance. Trop de gens sont malades dans notre pays, et les politiques de prévention ne sont pas à la hauteur des enjeux.
Je m’attaquerais dans la foulée à la sauvegarde de notre agriculture qui se meurt, victime de l’hyper-productivisme et d’une compétition débridée (135000 agriculteurs et éleveurs ont mis la clé sous la porte en 2016 : du jamais vu !). Parce qu’il faut sauver ces pauvres gens qui nous nourrissent et n’arrivent même plus à survivre, alors que ce sont ceux qui travaillent le plus ! Lisez et faites lire ce terrible appel montrant « la détresse des travailleurs de la terre, qui ne quémandent pas de droits sociaux, qui ne cassent pas les vitrines des commerces, et qui pourtant sont délaissés par les élites, les énarques. Les paysans nous nourrissent en travaillant énormément, connaissent la concurrence la plus déloyale qui puisse être, subissent de plein fouet une mondialisation destructrice, sans protection de la part des gouvernements successifs et des instances européennes ».

Je crois que l’on ne peut qu’être profondément européen, parce que c’est le sens de l’Histoire. Mais tout de même, cette “construction européenne” issue des derniers traités, souvent imposés plus que négociés, qu’est-elle devenue ? Nombre de nos concitoyens la perçoivent de plus en plus comme « l’engin d’arasement des dernières protections économiques et sociales », au profit des multinationales et des « grandes entreprises qui, déjà enrichissent leurs actionnaires aux dépens de leurs salariés, mais en plus optimisent leurs bénéfices par l’évasion fiscale, la corruption et la connivence qui faussent les marchés aux dépens des citoyens ordinaires » (rapport d’Oxfam).

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Le journaliste Patrice de Plunkett écrivait récemment sur son blog : « pour vivre ensemble, les êtres humains ont besoin de s’accorder sur le sens de la vie. Comme tout aujourd’hui est subordonné à l’économique, la vague ultralibérale, devenue totalitaire, dicte les formes de la vie en pulvérisant les structures sociales pour qu’il n’y ait plus “que l’individu et le marché” selon le mot de Mme Thatcher. La soumission maximale alléguée aux désirs du consommateur, est en train de se substituer au lien social. Dans ces conditions, les problèmes de société deviennent insolubles ».
D’où l’inévitable question : devra-t-on continuer ainsi pendant encore longtemps ? Comment s’en sortir ?

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Entre la liberté et la fraternité, deux faces d’une même pièce, il ne faudrait pas avoir à choisir. Chacune guide l’autre, et chacune doit mettre des limites à l’autre, pour le bien de tous. Il me semble que ces deux devises de notre république éclairent particulièrement bien les enjeux actuels de notre pays et de notre monde.

La liberté ne consiste pas à faire tout et n’importe quoi dans ce monde, simplement parce la technique ou la finance le permet. Sinon les hommes en souffrent, la Terre aussi, durablement ! Il est urgent de (re)découvrir des modèles de vie nécessairement plus sobres, où la coopération l’emportera sur la compétition acharnée (le darwinisme social est une immense ânerie, car la nature ne fonctionne pas ainsi. J’y reviendrai prochainement sur ce site).

La liberté doit être mise au service du vrai bien commun, qui n’exclut aucun peuple de la Terre, aucun être en particulier ̶ seul remède à la démesure de la finance égoïste et aveugle ̶  ce qui permettra enfin la restauration d’une économie au service des personnes.

Enfin, « pour résoudre les problèmes des gens, il faut partir d’en bas, avoir du courage, écouter les laissés-pour-compte, les personnes en situation de précarité, sans oublier celles qui ont fui leur pays à cause de la guerre, de la misère, de la violence » (Pape François)
« Le plus important est de reconstruire un tissu social local, solide et vivant, afin d’instaurer progressivement un climat de confiance, c’est à dire en fin de compte un “capital social”, ces aptitudes à vivre ensemble que notre société matérialiste et individualiste a méthodiquement et consciencieusement détricotées au cours des dernières décennies. Nous en sommes convaincus, ces compétences sociales sont notre seule vraie garantie de résilience en cas d’effondrement » (Pablo Servigne et Raphaël Stevens).

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Pour terminer, il me revient à l’esprit cet avertissement de l’Abbé Pierre : « il dépend de ma liberté de construire un monde de partage et d’amour… Pour que le Dieu d’amour soit crédible, il faut que ceux qui croient en lui soient eux-mêmes témoins crédibles de son amour ». Or, il y a aujourd’hui manifestement deux écueils : vivre sur la défensive (avec un christianisme identitaire, replié sur sa culture, ses « valeurs ») ; et (re)devenir conquérant (en oubliant que seul l’amour a la capacité de changer un cœur, la force jamais).

Le Dieu auquel je crois agit d’abord dans le secret des cœurs. Apportons donc tout simplement autour de nous, chaque jour, ce surcroît de vie reçu à Son contact ! Le “spirituel” s’incarne, sinon il n’est pas chrétien. En politique comme ailleurs ! La foi chrétienne n’est véritable que si elle agit au service du prochain, en essayant de devenir peu à peu transparente de la grâce du Christ ! Le reste a peu d’importance…

Sur ce chemin, je souhaite une bonne année à tous, et à notre pays.

M.V., le 31 janvier 2017


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