balade

Deux vœux pour 2015

Retrouvons le sens de nos limites

Au début de l’année 2014, trois jeunes gens publient un court mais remarquable essai « Nos limites » (dont le produit de la vente est reversé à l’association « Espérance banlieues » qui crée des écoles en plein cœur des cités sensibles, adaptées aux défis éducatifs posés par ces territoires).
Ils dressent une analyse lucide et décapante des excès et des manques de notre époque, appelant de leurs vœux une écologie intégrale. Face à la technique sans âme et au marché sans loi, cette voie offre l’espérance d’un monde à la mesure de l’homme, fondé sur l’entraide et le don, fruits de nos limites.
Un vigoureux appel à « vivre plus simplement pour que chacun puisse simplement vivre » !  Extraits :

« Quelle orientation et quelles significations donnerons-nous à l’aventure humaine à l’heure où l’individualisme de masse se développe au sein même du « village planétaire » ? Au moment où chacun semble de plus en plus nu et désarmé face aux nouveaux prédateurs du pouvoir et des marchés financiers, vivre une simplicité discrète nous semble le meilleur remède à la sophistication contemporaine qui, loin de combler nos désirs et répondre à nos aspirations, altère notre rapport au monde, aux autres, et finalement à nous-mêmes.

Qui ne voit que le consumérisme sans limites, non content d’abîmer irrémédiablement notre planète, produit plus de misère que de joie ? La globalisation effrénée de toute chose, à force de repousser les limites et de déraciner les foyers identitaires à grands coups d’ouverture de frontières et de délocalisations, semble foncer droit dans le mur, en rendant pour tous le monde moins habitable.

Loin de rapprocher les hommes, on détruit des cultures vivrières pour imposer des agricultures d’exportation, on étire les circuits d’exportation aux extrêmes limites du monde, on multiplie les intermédiaires entre producteurs et consommateurs. Par mépris du terroir, toujours suspect de conservatisme, on piétine le local et on risque bien, à terme, de n’avoir justement plus rien à conserver.

La mise en concurrence des travailleurs à l’échelle du monde obéit d’abord à la dure loi du productivisme, lui-même régi par des impératifs de rentabilité maximale, qui ravagent autant la société que la nature. Les migrants économiques, légaux ou clandestins, sont les premières victimes de cette économie sans frontières et de cette précarisation accélérée du monde, car la misère qui leur fait miroiter un lointain Eldorado les arrache à leurs foyers, à leurs familles.

Aussi est-il grand temps, selon le mot d’Ivan Illich, de « bâtir une société où l’acte personnel retrouve une valeur plus grande que la fabrication des choses et la manipulation des êtres ».
La conscience de notre finitude humaine en est la condition. Notre survie sur une terre habitable pour tous dépend moins du progrès technique que de notre faculté à trouver un rapport sain et durable avec notre environnement et avec notre propre nature humaine.

Notre finitude implique notre dépendance : nous avons besoin les uns des autres parce que nous sommes des êtres vulnérables et incomplets. Continuerons-nous longtemps à vouloir contrôler toujours plus la vie, de la conception à la mort, à la soumettre à nos rêves de perfection, ou saurons-nous accepter cette vulnérabilité intrinsèque qui est moins l’obstacle que la condition de notre dignité ?

Quelques pistes : parler de personne à personne, plutôt que de groupe à groupe, préférer la qualité à la quantité, agir ici et maintenant, à notre place, avant de se projeter dans un futur hypothétique et lointain. Moins, mais mieux : seul moyen d’empêcher que « notre vie se gaspille en détail ». Nous libérer peu à peu du superflu et prendre soin de ce qui est fragile, de ceux qui sont fragiles ».

Vivons comme il convient

Qu’est-ce que révèle cette incapacité à reconnaître nos limites sinon une profonde angoisse d’exister, tant visible dans la tentation actuelle du transhumanisme, ou dans nos sociétés « d’abondance sans plénitude », sans aspiration supérieure, où l’argent est devenu le roi ? L’actualité nous montre, hélas, combien les limites ont explosé quand il s’agit de vendre n’importe quoi, n’importe où, à n’importe qui, au mépris de toute considération de santé, physique, morale, écologique ou spirituelle.

Si notre monde va dans l’impasse, il y a peut-être moyen de travailler à un changement d’attitude qui engendre le moins de malheurs possible, et qui peut – c’est notre espérance – renverser le courant dévastateur. « Ce qui nous appartient, c’est de vivre le présent comme il convient », conseille le philosophe mathématicien Olivier Rey. Et je crois que cela sonne juste !

Ce souci du bien agir, ici et maintenant, est une force qui anime bien des gens d’horizons très divers, dans la mouvance écologique et décroissante par exemple. Je rencontre de plus en plus d’objecteurs de conscience qui entrent en désertion, par leur refus affirmé de collaborer directement ou indirectement à l’entreprise d’anéantissement et de déshumanisation de notre milieu vital, même par de tous petits actes de leur vie quotidienne. Je m’en réjouis, car il y a dans ces attitudes, sans même le savoir le plus souvent, comme un prélude, un désir de plénitude évangélique.

Dans « Une vie pour aimer », Stan Rougier dit que « la plupart des hommes vivent à la surface d’eux-mêmes, parce qu’ils sont privés d’un climat d’amour qui est plus nécessaire que le pain ». Cela fait écho à cette parole prononcée un jour par un évêque africain : « l’homme a besoin de pain pour vivre, mais il a besoin de la Parole de Dieu pour vouloir vivre, pour ne pas entrer dans la désespérance ».
Oui, Dieu aime chacun de nous d’un amour sans limite, un amour libérateur qui nous fait « passer de nos ténèbres à son admirable lumière » (lettre de Pierre 2,4-9). Et c’est en Jésus son Fils venu parmi nous qu’il nous l’a montré de manière très concrète. Christ est venu en notre humanité pour nous faire communier à sa vie divine ! C’est cela, la vraie joie de Noël !

Si « la vie est née d’un débordement de la tendresse divine, et que l’amour en est le début et le terme », alors « vivre comme il convient » c’est aimer en tout temps en puisant à cet Amour pour le rendre visible et concret là où il est vital qu’il y ait de l’amour pour réchauffer les cœurs et guérir les âmes. C’est-à-dire partout ! Mais notre vie témoigne-t-elle suffisamment de cette prodigieuse libération et des merveilles de cet Amour ?

En ce début d’année, j’aurai une prière particulière pour nos frères d’Irak et de Syrie… pour les enfants livrés à la violence des guerres… pour les femmes livrées à la violence et à l’humiliation des hommes… pour celles et ceux qui sont blessés dans leurs liens d’amour ou d’amitié… pour tous ceux enfin qui cherchent un chemin pour mieux vivre, une espérance dans leur nuit, un cœur qui les comprenne…

Je laisse le dernier mot à mon ami Stan Rougier, un homme de cœur : « dans l’éternité, quelle sera notre joie de découvrir combien nous aurons été, les uns pour les autres, messagers de Dieu, ambassadeurs de Sa tendresse ! C’est sur la seule balance de l’amour que sera pesée notre vie ».

M.V.


Dans la joie de Noël

Aujourd’hui, dans notre monde le Verbe est né,
pour parler du Père aux hommes qu’il a tant aimés.
Et le ciel nous apprend le grand mystère,

Gloire à Dieu, et paix sur terre, Alleluia !

Aujourd’hui, dans nos ténèbres, le Christ a lui,
Pour ouvrir les yeux des hommes qui vont dans la nuit.
L’univers est baigné de sa lumière,

Gloire à Dieu, et paix sur terre, Alleluia !

Aujourd’hui dans notre monde a paru la Vie,
Pour changer le cœur des hommes qui sont endurcis,
Et l’amour est plus fort que nos misères,

Gloire à Dieu, et paix sur terre, Alleluia !

Aujourd’hui, dans notre chair est entré Jésus,
Pour unir en lui les hommes qui l’ont attendu,
Et Marie, à genoux, l’offre à son Père,

Gloire à Dieu, et paix sur terre, Alleluia !


2014 en toute simplicité

Je suis convaincu que chacun d’entre nous est porteur de questions et d’attentes fondamentales dont les réponses et la satisfaction nous seront données si nous revenons à plus de simplicité.

Le monde est devenu trop compliqué, trop exigeant. Et nous aussi. Nous nous sommes habitués à vouloir toujours plus, sans même nous demander pourquoi, oubliant trop souvent la misère et la grande pauvreté qui touchent deux milliards d’êtres humains.

Même la foi a souvent été présentée ou comprise comme compliquée, alors que l’Évangile est destiné à tous, en commençant par les cœurs simples et accueillants, que Jésus appelle « pauvres en esprit ». Il est bon de se le rappeler, à l’heure où le Pape François veut nous ramener à l’essentiel. Et je me dis qu’en écoutant ce Pape qui a la « jeunesse de la sainteté », beaucoup, assoiffés de (re)connaître le visage de Dieu vont (re)trouver un chemin de vie, un parfum de simplicité, qui conduisent à l’expérience de la joie, au sein même des épreuves de ce temps. Ce temps qui est appelé à renaître !

Car, le grand risque du monde d’aujourd’hui, avec son offre de consommation multiple et écrasante, est une tristesse individualiste qui vient du cœur bien installé et avare, de la recherche malade de plaisirs superficiels, de la conscience isolée. Quand la vie intérieure se ferme sur ses propres intérêts, il n’y a plus de place pour les autres, les pauvres n’entrent plus, on n’écoute plus la Parole de Dieu, on ne jouit plus de la douce joie de son amour, l’enthousiasme à faire le bien ne palpite plus. Même les croyants courent ce risque, certain et permanent. Beaucoup y succombent et se transforment en personnes vexées, mécontentes, sans vie évangélique.

Cet Évangile est une invitation lancée par Dieu pour nous rendre pleinement heureux, pas superficiellement. La foi qu’il suscite n’est pas d’abord un système de valeurs, de convictions, un programme pré-établi ou une morale : c’est une rencontre avec le Christ et une espérance. Dieu est une Personne qui libère, qui donne à la vie un nouvel horizon, et par là son orientation décisive. La joie de l’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus et se laissent sauver par lui de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement, du manque d’amour.

Avec Lui, la joie naît et renaît toujours. Quand quelqu’un fait un petit pas vers Lui, il découvre que celui-ci attendait déjà sa venue à bras ouverts. C’est le moment pour dire : « Seigneur, je me suis laissé tromper, abîmer, de mille manières j’ai fui ton amour. J’ai besoin de toi, accepte-moi entre tes bras rédempteurs ». Cela nous fait tant de bien de revenir à lui quand nous nous sommes perdus ! Dieu ne se fatigue jamais de pardonner, c’est nous qui nous fatiguons de demander sa miséricorde.

Nous parviendrons à être pleinement humains quand nous serons plus qu’humains, quand nous permettrons à Dieu de nous conduire au-delà de nous-mêmes, jusqu’à notre être le plus vrai. Ce qui est d’abord une expérience personnelle doit s’étendre au monde entier, qui ne trouvera certainement la paix que lorsqu’il rencontrera la Miséricorde de Dieu. Mais, nous gaspillons trop souvent notre vie, notre énergie, nos ressources, à courir après l’inutile, le factice, l’éphémère. Alors, si nous devenons plus simples, le monde le deviendra aussi, à terme !

Certes, tout ne dépend pas de nous, et une grande part de la marche de la planète échappe à notre pouvoir de décision. Nous n’avons prise que sur un petit nombre de choses et un petit bout d’espace. Nous ne côtoyons et ne pouvons aimer réellement durant notre vie qu’un petit nombre de gens. Cet amour n’est pas coté sur les marchés financiers, mais c’est lui qui soutient le monde, et il ne s’écroulera pas ! Et cela est suffisant pour changer beaucoup de choses : à chacun de discerner ce qu’il doit modifier en lui et autour de lui.

Alors n’oublions pas d’aimer, de partager, davantage, jusqu’au bout, tout simplement, comme le Christ nous l’a montré. Recherchons la justice et le vrai bien de tous : le reste nous sera donné par surcroît… Courage !

M.V.


Désirer Dieu

Désirer la lumière

Qui que tu sois, quels que soient ton état de vie et l’estime que tu peux porter sur toi-même ou sur les autres, tu portes en toi un désir immense de connaître Dieu ! Et ce désir, parfois, souvent, est enfoui sous des monceaux de choses qui se sont empilées peu à peu durant ta vie, et qui l’ont caché, étouffé, au point que tu ne sais peut-être même plus qu’il est là, présent au plus intime de ton être.
 
La société consumériste hyper marchandisée n’a pas aidé à y voir clair. Bien au contraire. Une vision ultralibérale des rapports humains s’est imposée depuis quelques décennies, faisant tout pour asservir l’homme aux marchés, à l’argent, à la futilité. Et elle a presque totalement réussi à faire disparaître de l’horizon des vies humaines la raison la plus profonde qui fait que nous vivons ! Le drame de notre monde actuel est qu’il n’est quasiment plus que technique, économique et financier. Et en plus, ça ne marche pas ! L’humanité ainsi formatée a gaspillé la presque totalité de ses forces, de sa santé et des ressources limitées de la Terre dans des choses inutiles, au lieu de les mettre au service du vrai bien de tous et d’une vraie sagesse de vie.
De fait, tout est construit en ce sens, et produit une immense injustice, de plus en plus révoltante ! Car pour que cela profite à un tout petit nombre (de plus en plus puissant et arrogant), il faut asservir le plus grand nombre, les privant progressivement du faux bonheur matériel promis, de la santé, du temps de vivre autrement que dans l’urgence, et faisant en sorte que l’horizon spirituel vital soit caché, combattu ou banni !
 
De plus, dans ce monde où Dieu a été chassé, la compétition est devenue reine. Mais une mauvaise reine : entraînant l’homme dans une lutte pour la survie, comme dans l’univers purement animal, alors que l’avenir est à la coopération (j’en reparlerai bientôt). Ce libéralisme sauvage rend le petit nombre des forts plus forts, l’immensité des faibles plus faibles et le flot croissant des exclus plus exclus. “Un tel système économique a en son centre une idole qui s’appelle l’argent”. Et le pape François ajoute dans son récent discours à Cagliari que le manque d’un vrai travail pour tous (et la perte de dignité qui l’accompagne souvent) est la “conséquence d’un choix mondial”, d’un système économique dans lequel “c’est l’argent qui commande”. Que de souffrances ! Que de désespérances ! Que de gâchis et d’erreurs accumulés en si peu de temps ! Un monde dominé par la compétition peut-il encore se soucier du bien commun ?
 
Le matérialisme déçoit, tôt ou tard : les êtres et les sociétés ! Et la compétition exclusive mène tôt ou tard à l’anarchie et à l’écroulement de tout système. Ne le vois-tu pas déjà ?
“On ne peut servir deux maîtres : Dieu et l’argent”, enseignait Jésus… Ainsi, “nous assistons à un désarroi, à une solitude qui ne cesse de grandir ; nous voyons se répandre un sentiment d’égarement par rapport à la vie, au sens de la vie, une incapacité à se donner une « maison » comme repère, et du mal à tisser des liens profonds” (Pape François).
 
Mais en face de l’homme, capable du bien comme du mal, il y a toujours l’appel de Dieu à renaître, à être relevé, consolé, à reprendre confiance pour cheminer sur de bonnes bases. Un appel qui s’adresse à chaque être humain, mais aussi de plus en plus, je pense, aux structures, aux organisations, aux systèmes qui ont acquis des pouvoirs vertigineux ou aliénants.
Ce Dieu que j’invoque n’est pas le “Dieu des catholiques”, ou le “Dieu des chrétiens”, ou le “Dieu des musulmans”, ou le “Dieu des juifs”, ou le “Dieu des bouddhistes”… Comme s’ils étaient plusieurs…! Dieu est Dieu ! Et je crois en Dieu, l’Unique, plein d’amour et de miséricorde, et dont Jésus-Christ est l’Incarnation : maître et berger qui traverse l’histoire des hommes pour attirer tout à Lui et faire cheminer chaque être humain vers l’heureuse maison du Père ! Chacun à son rythme et selon ses charismes… s’il le désire vraiment !
 
Oui, je crois qu’il y a au fond de ton coeur la présence discrète et humble de ce Dieu qui s’est fait serviteur de l’homme ! Tu es fait pour Lui : il est la plénitude de tout ce que tu peux rêver de plus beau ! Et rien ni personne d’autre que Lui ne viendra combler parfaitement ton âme. Il t’a créé ainsi, et c’est beau ! Je te souhaite de comprendre cela…
Certes, cette présence intime n’est jamais une évidence, même pour un croyant de longue date. Je pourrai dire qu’elle est parfois fulgurante et brève, bien souvent discrète et cachée. Mais elle est bien là, et la folie de notre monde est de nous en proposer des ersatz qui, tant que nous y croyons et que les choses semblent bien aller, même superficiellement la plupart du temps, procurent l’impression qu’il s’agit de la vraie vie, mais ne nous nourrissent jamais substantiellement.
 
Puis vient un temps où il nous faut passer du désir à la volonté, à l’engagement. Car plus fort que le désir qui attire, l’amour suppose ma liberté, ce qu’on ne peut comprendre en vérité que si l’on imagine son contraire ! Pour cela, il faut que je choisisse de poser un acte de foi, libre, vrai, humble et libérateur, m’ouvrant grand “la porte étroite” dont parle la parabole évangélique. Etroite, non pas du côté de Dieu (elle est tellement ouverte !), mais du mien, qui a la capacité de s’enfermer… ou de s’ouvrir !
 
Oui, l’annonce évangélique est simple, profonde, irradiante. L’essentiel, ce qui me passionne et m’attire le plus, ce qui rend mon coeur tout brûlant parfois, comme l’eurent les disciples d’Emmaüs, c’est que Jésus-Christ ne nous choisit pas pour notre grandeur, mais parce que nous sommes des êtres de misère, limités, paresseux, pécheurs… des pauvres types ! Si nous pouvions seulement comprendre à quel point nous sommes tant aimés, inconditionnellement, et que nos âmes peuvent devenir les lieux où se déploie l’infini de son projet d’amour qui sauve ! A cause de cela, on ne peut dire de personne qu’il soit insignifiant, puisqu’il est appelé à voir Dieu sans fin ! “Mystère d’Incarnation à découvrir dans la chair de nos humbles quotidiens. Dans l’épaisseur du temps et l’alternance des saisons, des semailles et du lent travail de germination, au secret de l’humus de nos vies” (Anne Josnin).
 
Prière du pauvre, de celui qui doute : mon Dieu, si vous existez, ayez pitié de moi qui suis aveugle, et montrez-moi un peu votre visage : j’en ai tant soif  ! “Nous ne pouvons rencontrer Dieu, à moins de savoir ce qu’est le silence, car Dieu parle dans le silence du cœur. Et là, donnons-nous vraiment la peine d’examiner notre conscience : il s’agit simplement d’élever nos cœurs vers Dieu, et de laisser sa lumière nous illuminer” (Mère Térésa). On a trop élevé et moralisé l’entrée en vie de foi : la “première marche” dont parlait Thérèse de Lisieux est celle qu’il faut gravir sans crainte : laissons-nous approcher de Dieu, n’ayons pas peur ! Lui fera le reste en nous guidant…
 
“Venez à moi, vous qui peinez sous le poids du fardeau ; et moi, je vous procurerai le repos. Car je suis doux et humble de coeur” (Jésus).
 
Bonne entrée en automne,
temps propice pour mourir un peu à soi-même…
pour mieux renaître plus tard…
 
M.V.


Engagement écologique de l’Eglise : écoutons le pape François

Cultivons nous et protégeons nous vraiment la nature, ou bien exploitons nous et négligeons nous la création ?

“Cultiver et protéger est un commandement de Dieu valable dans le temps et applicable à chacun de nous. Cela fait partie de son projet qui est de faire grandir le monde dans la responsabilité, afin d’en faire un jardin, un espace vivable pour tous. Benoît XVI a plusieurs fois rappelé que la mission attribuée à l’humanité par le Créateur implique le respect des rythmes et de la logique de la création. Mais l’homme est souvent dominé par la tendance à dominer, posséder, manipuler et exploiter, et non par le respect de la nature considérée comme un don gratuit.

Ainsi perd-on le sens de la contemplation et de l’écoute de la création, ainsi oublie-t-on de cueillir ce que Benoît XVI appelle le rythme de l’histoire d’amour entre Dieu et l’homme. Ce défaut vient de ce qu’on pense et vit de façon horizontale, loin de Dieu et loin de ses signes”.

La dictature de l’argent

“Mais se cultiver et protéger comprend aussi les rapports humains […]. Si la crise actuelle est largement liée à l’environnement, elle touche également l’homme. La personne est en danger et ceci justifie la priorité d’une écologie humaine. Ce danger est d’autant plus grave que sa cause est profonde. Il ne s’agit pas d’économie mais d’éthique et d’anthropologie […] même si tout est dominé par une économie et une finance démunies d’éthique qui sacrifient les personnes au profit et à la consommation. Il s’agit d’une culture du gaspillage et du rejet […] qui tend à devenir commune…

La mode aujourd’hui c’est l’argent et la richesse, pas l’homme. C’est la dictature de l’argent. Dieu a chargé l’homme de gérer la terre, non l’argent. Là est le devoir de chacun de nous. A l’inverse, la vie et la personne n’y sont plus considérées comme des valeurs primaires […]. Cette culture rend insensible jusqu’au gaspillage alimentaire […].

D’abord les personnes

La société de consommation nous a habitués à l’excès et au gaspillage des aliments, auxquels on finit par ne plus accorder de valeur. Et ceci va bien au-delà des simples paramètres économiques car ces denrées sont en fait comme volées aux pauvres et aux affamés. Je vous invite donc à réfléchir sur cette problématique  […].

Si une nuit d’hiver, tout près de cette place, quelqu’un meurt dans la rue, ce n’est pas une information, alors que si un réseau électronique saute c’est un drame ! Si la bourse fléchit de quelques points, c’est une tragédie, mais non que des êtres humains soient rejetés comme on jette des ordures…

Partout de par le monde il y a des enfants qui n’ont rien à manger et on fait comme si c’était normal. Il ne peut pas en être ainsi ! […]. Prenons tous l’engagement à respecter et protéger l’environnement et la création. Soyons attentifs à toute personne et luttons contre la culture du gaspillage et du rejet au profit d’une culture de la solidarité et du dialogue”.


Bonne année 2013

Une année passe, une autre commence. La “fin du monde” bêtement relayée sur l’ensemble des médias mondiaux ne peut nous faire oublier que notre humanité est appelée à autre chose qu’une “fin stupide” provoquée par on ne sait quel astéroïde ou phénomène étrange, venant soudain paralyser l’espérance du lendemain, comme dans les films !

Le destin de notre humanité est bien plus sérieux que cela. Et précieux aussi ! Il se joue entre autres dans l’immense défi écologique de notre temps, dont il ne sera plus désormais possible de dire “on n’était pas au courant”. C’est aussi l’immense défi de la solidarité et de la justice à toutes les échelles : en famille, dans nos quartiers, nos villages, nos villes, nos pays, et enfin au niveau planétaire.

Vous le verrez dans la partie de ce site que j’ai nommée “écologie globale” : je ne dissocie pas l’écologie de la nature de celle de la vie humaine. Tout se tient, et quelque part, c’est dans les mains de l’homme que se trouvent les solutions radicales (à la racine) du bien-vivre en paix les uns avec les autres et en harmonie avec la nature. Mais pas seulement dans ses mains. L’âme humaine ne se nourrit pas que de pain terrestre, elle a besoin pour grandir et s’épanouir de Celui qui donne un sens à toutes choses.

Je n’en dis pas plus, et je souhaite à toutes et à tous une année 2013 aussi bonne que possible, avec une pensée particulière pour ceux qui sont partis, pour ceux qui ont de la peine, pour ceux qui sont malades, pour ceux qui cherchent du travail, pour ceux qui ne voient plus rien de bon autour d’eux et qui désespèrent…

Puisse l’hiver qui dure faire place à un beau printemps qui durera plus longtemps encore : c’est mon espérance, et c’est la vocation de ce site d’éveiller en nous “l’âme d’aventure qui sommeille”.

Fraternellement,

Martial


Tour de la pointe des Cerces

22 août 2012 : me voici à 7 h précises à Montagnieu en Isère, où je vais chercher Yann et Michael. On s’est donné rendez-vous assez tôt pour pouvoir arriver avant 9h30 sur le parking du départ en Maurienne, à quelques kilomètres au dessus de Valloire : Plan-Lachat.

La ballade (disons un petit marathon… voir plus bas) que je leur ai proposée est un grand classique dans la région : on va contourner le massif des Cerces, dont la pointe de 3097m, en côtoyant au passage quelques cols et jolis lacs. Mais il ne faudra pas trainer, car le temps est beau mais la pluie est annoncée en soirée. Cela dit, on a eu largement le temps de prendre des photos, de tremper les pieds dans le lac des Béraudes (un des lacs les plus bleu turquoise des Alpes, comparable à celui de Sainte-Croix dans le sud de la France, mais en plus petit !).

Dès le départ, on décide de quitter le chemin de terre pourtant bien tracé, pour s’aventurer d’abord dans des zones humides traversées par de petits cours d’eau bien sympathiques, et rejoindre peu à peu le col de la Ponsonnière d’une manière inhabituelle et sportive. Attention à la fatigue des première heures…

Du col au lac des Béraudes, le chemin est splendide, malgré les cailloux fréquents et ce rude passage un peu raide et très venté qui va nous mener au col des Béraudes à plus de 2800m d’altitude avec une vue plongeante sur ce lac bleu et la pointe des Cerces en face. On commence à voir des linaigrettes, on aperçoit au loin dans la brume encore non dissipée la Meije, et il est bientôt 13h, heure du repas… que l’on va prendre en se posant au départ du “coup de cul” qui nous mène à 2800m. Le temps est splendide et l’air sent bon : bon appétit les jeunes !

L’arrivée au lac des Béraudes, après une superbe descente dans des chemins un peu raides que parfois on peine à deviner dans les pierriers et un passage auprès d’un des derniers névés de la saison, va nous permettre de nous reposer une vingtaine de minutes et de filmer les alentours du lac (voir les deux vidéos plus bas).

On passe ensuite à la majestueuse descente vers la vallée de Névache, où la végétation tranche réellement avec le côté alpin de la matinée et nous rappelle quelques notes agréables du climat du midi. Il nous faut ensuite remonter patiemment vers le refuge des Drayères du haut de la vallée, à 2160m, où nous attend la recharge en eau de nos gourdes et camelbaks… Au passage : des tourbières, des linaigrettes à profusion, des lacs, des pins tordus… Michael et Yann sont enchantés.

Mais ils ignorent qu’il nous reste encore plus de deux heures pour rejoindre la voiture ! Au programme : la montée interminable et un peu éprouvante pour Yann du verrou glaciaire qui nous mène aux trois grands lacs de la Clarée, lac Rond et lac du Grand Ban, et la descente qui passe par ce village militaire toujours surprenant par son architecture austère aux allures d’après-guerre. D’ailleurs, ce soir, ils sont là, les militaires, prêts à manger. Un jeune officier vient de sortir tout nu du lac supérieur et rejoint très rapidement le camp au pas de course (après s’être habillé et fait siffler… devinez par qui ?). On va d’ailleurs suivre son sentier qui est un raccourci, mais il ira certes un peu plus vite que nous…!

Enfin, la voiture et en vue : Michael veut encore courir sur le chemin parsemé d’herbe et de caillous… Il commence à pleuvoir, l’orage approche à grands pas, et les montagnes alentour se font menaçantes. C’est splendide et terrifiant à la fois, comme toujours dans ce cas.
Les jeunes pourront se reposer cette nuit, et c’est bien mérité, car au final, 25 kms de randonnée et 1350m de dénivelée en 9h25, c’est un peu dur, mais tellement beau, n’est-ce pas Yann ?

Voici les photos (d’autres sont en attente…) :

 

D’autres photos de cette randonnée, datant de 2007, peuvent être visionnées ici.
Pour terminer cette visite, voici aussi deux vidéos prises au pied du splendide lac des Béraudes :

 

Merci de me contacter si vous voulez faire cette randonnée (entre juillet et octobre).


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