balade

Pour un futur du politique

A l’heure où la France cherche un nouvel élan politique pour son avenir, j’ai désiré commencer ce début d’année par une réflexion sur le sens du « vivre ensemble dans le monde actuel ».

D’abord, il me semble que nous désirons toujours que les choses aillent mieux. Dans nos vies personnelles, comme dans la société. Pour autant, si nous sommes réellement portés à désirer le bien, a-t-on toujours la volonté de tout mettre en œuvre pour le voir se réaliser ? Telle peut être la question, qui a un sens éminemment politique lorsqu’il s’agit du bien commun d’un peuple.

Je crois que pour réaliser cette aspiration à un « mieux-être », il faudrait (re)définir le sens de l’activité économique et de la vie en société. Une majorité de nos concitoyens sont bien conscients que la question du sens a peu à peu déserté le débat politique. Au point que nombre de ses acteurs, au-delà même d’ambitions personnelles parfois légitimes, se complaisent au final aisément dans des manœuvres et calculs électoraux, des paroles non tenues, des comportements partisans et démagogiques… mais surtout manifestent l’absence de vision à long terme de notre société, mis à part cette inlassable répétition du couplet sur le progrès, la technique, les nouvelles technologies, les grands projets… Mais pour qui ? Pour quoi ?

Cette fuite en avant et ces attitudes sont devenues insupportables à l’heure où un nombre croissant de personnes a le sentiment de vivre dans une société de plus en plus injuste. Faut-il rappeler que la France compte désormais dix millions de pauvres ? Oui, il le faut ; mais cette ampleur ne m’a pas semblé prioritaire dans les récents débats pour la présidentielle. Cynique indifférence ou désolante incapacité à changer quoi que ce soit ?

– Ф –

« Le sens de la politique est de contribuer à l’édification d’une société plus juste et plus humaine, d’une société accueillante et fraternelle. Être au milieu des gens ne signifie pas seulement être ouverts et rencontrer les autres mais aussi se laisser rencontrer, appeler, toucher, interpeller, pour pouvoir participer à tout ce que les autres peuvent donner. L’expérience nous dit qu’habituellement, nous recevons des autres plus que nous ne nous donnons. Il y a une richesse humaine authentique tissée d’innombrables histoires de solidarité, d’aide, de soutien. La vie concrète est possible parce qu’elle n’est pas la somme de nombreux d’individus, mais l’articulation de nombreuses personnes qui concourent à la construction du bien commun. Être ensemble nous aide à voir l’ensemble, et notre regard est enrichi.

Mais quand le peuple est séparé de qui commande, quand on fait des choix en vertu du pouvoir et non du partage, quand qui commande est plus important que le peuple et que les décisions sont prises par un petit nombre, ou sont anonymes, ou sont toujours dictées par des urgences (vraies ou présumées), alors l’harmonie sociale est en danger avec de graves conséquences pour les gens : l’argent commande, la pauvreté augmente, la paix est en danger et les gens vont mal » (Pape François)

– Ф –

Si j’étais aux commandes de mon pays, je limiterais d’abord tous les engagements en politique à dix ans au plus, en deux mandats maximum. Personne n’est indispensable, et l’on peut servir son pays et les gens autrement et de bien des manières, quand on a vraiment le goût et la vocation du service du bien commun. L’homme étant faible, on éviterait ainsi les tentations liées à l’attachement excessif au pouvoir et à toutes ses dérives.
J’instaurerais immédiatement un ministère commun agriculture-santé, dirigé par des personnes compétentes et libres de toute attache avec certains milieux nuisibles de l’industrie et de la finance. Trop de gens sont malades dans notre pays, et les politiques de prévention ne sont pas à la hauteur des enjeux.
Je m’attaquerais dans la foulée à la sauvegarde de notre agriculture qui se meurt, victime de l’hyper-productivisme et d’une compétition débridée (135000 agriculteurs et éleveurs ont mis la clé sous la porte en 2016 : du jamais vu !). Parce qu’il faut sauver ces pauvres gens qui nous nourrissent et n’arrivent même plus à survivre, alors que ce sont ceux qui travaillent le plus ! Lisez et faites lire ce terrible appel montrant « la détresse des travailleurs de la terre, qui ne quémandent pas de droits sociaux, qui ne cassent pas les vitrines des commerces, et qui pourtant sont délaissés par les élites, les énarques. Les paysans nous nourrissent en travaillant énormément, connaissent la concurrence la plus déloyale qui puisse être, subissent de plein fouet une mondialisation destructrice, sans protection de la part des gouvernements successifs et des instances européennes ».

Je crois que l’on ne peut qu’être profondément européen, parce que c’est le sens de l’Histoire. Mais tout de même, cette « construction européenne » issue des derniers traités, souvent imposés plus que négociés, qu’est-elle devenue ? Nombre de nos concitoyens la perçoivent de plus en plus comme « l’engin d’arasement des dernières protections économiques et sociales », au profit des multinationales et des « grandes entreprises qui, déjà enrichissent leurs actionnaires aux dépens de leurs salariés, mais en plus optimisent leurs bénéfices par l’évasion fiscale, la corruption et la connivence qui faussent les marchés aux dépens des citoyens ordinaires » (rapport d’Oxfam).

– Ф –

Le journaliste Patrice de Plunkett écrivait récemment sur son blog : « pour vivre ensemble, les êtres humains ont besoin de s’accorder sur le sens de la vie. Comme tout aujourd’hui est subordonné à l’économique, la vague ultralibérale, devenue totalitaire, dicte les formes de la vie en pulvérisant les structures sociales pour qu’il n’y ait plus « que l’individu et le marché » selon le mot de Mme Thatcher. La soumission maximale alléguée aux désirs du consommateur, est en train de se substituer au lien social. Dans ces conditions, les problèmes de société deviennent insolubles ».
D’où l’inévitable question : devra-t-on continuer ainsi pendant encore longtemps ? Comment s’en sortir ?

– Ф –

Entre la liberté et la fraternité, deux faces d’une même pièce, il ne faudrait pas avoir à choisir. Chacune guide l’autre, et chacune doit mettre des limites à l’autre, pour le bien de tous. Il me semble que ces deux devises de notre république éclairent particulièrement bien les enjeux actuels de notre pays et de notre monde.

La liberté ne consiste pas à faire tout et n’importe quoi dans ce monde, simplement parce la technique ou la finance le permet. Sinon les hommes en souffrent, la Terre aussi, durablement ! Il est urgent de (re)découvrir des modèles de vie nécessairement plus sobres, où la coopération l’emportera sur la compétition acharnée (le darwinisme social est une immense ânerie, car la nature ne fonctionne pas ainsi. J’y reviendrai prochainement sur ce site).

La liberté doit être mise au service du vrai bien commun, qui n’exclut aucun peuple de la Terre, aucun être en particulier ̶ seul remède à la démesure de la finance égoïste et aveugle ̶  ce qui permettra enfin la restauration d’une économie au service des personnes.

Enfin, « pour résoudre les problèmes des gens, il faut partir d’en bas, avoir du courage, écouter les laissés-pour-compte, les personnes en situation de précarité, sans oublier celles qui ont fui leur pays à cause de la guerre, de la misère, de la violence » (Pape François)
« Le plus important est de reconstruire un tissu social local, solide et vivant, afin d’instaurer progressivement un climat de confiance, c’est à dire en fin de compte un « capital social », ces aptitudes à vivre ensemble que notre société matérialiste et individualiste a méthodiquement et consciencieusement détricotées au cours des dernières décennies. Nous en sommes convaincus, ces compétences sociales sont notre seule vraie garantie de résilience en cas d’effondrement » (Pablo Servigne et Raphaël Stevens).

– Ф –

Pour terminer, il me revient à l’esprit cet avertissement de l’Abbé Pierre : « il dépend de ma liberté de construire un monde de partage et d’amour… Pour que le Dieu d’amour soit crédible, il faut que ceux qui croient en lui soient eux-mêmes témoins crédibles de son amour ». Or, il y a aujourd’hui manifestement deux écueils : vivre sur la défensive (avec un christianisme identitaire, replié sur sa culture, ses « valeurs ») ; et (re)devenir conquérant (en oubliant que seul l’amour a la capacité de changer un cœur, la force jamais).

Le Dieu auquel je crois agit d’abord dans le secret des cœurs. Apportons donc tout simplement autour de nous, chaque jour, ce surcroît de vie reçu à Son contact ! Le « spirituel » s’incarne, sinon il n’est pas chrétien. En politique comme ailleurs ! La foi chrétienne n’est véritable que si elle agit au service du prochain, en essayant de devenir peu à peu transparente de la grâce du Christ ! Le reste a peu d’importance…

Sur ce chemin, je souhaite une bonne année à tous, et à notre pays.

M.V., le 31 janvier 2017


Rendre visible l’Invisible

Il existe des chemins pour préserver l’Espérance…

Il existe un chemin de confiance pour aller plus loin,
il existe un chemin de repos pour nos corps fatigués, pour nos âmes éprouvées,
il existe un chemin de réconciliation pour être relevé

Il existe des chemins de vie exaltants,
il existe aussi des chemins de vie froissés, tordus, abîmés

Il existe un chemin pour révéler les trésors de ton coeur,
il en existe un autre pour apprendre à voir celui des autres,
il existe un chemin pour pleurer avec celui qui pleure,
et un autre pour se réjouir avec celui qui est dans la joie

Il existe un chemin pour contempler ce qui est beau autour de nous,
il existe un chemin pour voir dans la nature, le cosmos, la vie, une merveille,
il existe un chemin pour protéger la Création,
l’âme de l’écologie, c’est l’émerveillement

Il existe un chemin de vie plus sobre pour saisir l’essentiel,
pour fuir la saturation et l’anesthésie dues au gavage,
combattre l’inertie et le désengagement,
il existe un chemin pour ne plus abîmer, ne plus gaspiller, apprécier ce qu’on a,
il existe un chemin de jeûne pour soigner le corps et ouvrir l’esprit

Il existe de nombreux chemins qui détournent du bien,
toi et moi les avons plus ou moins empruntés,
des chemins qui emprisonnent la volonté, la joie, l’espoir,
des chemins d’esclavage,
des chemins qui usent notre humanité,
des chemins de violence, fruit des injustices accumulées, des manques d’amour,
des chemins de refus et d’indifférence qui menacent la paix globale,
des chemins de destruction et de mort.

Il existe un chemin de lucidité pour voir le monde tel qu’il est devenu,
un terrain d’exploitation, un casino, un monopoly,
destructuré en profondeur par l’alliance des idéologies de la technoscience
et d’un turbo-capitalisme planétaire et arrogant
Il existe un chemin pour dénoncer les scandales, la corruption, la destruction,
qui transforment la Terre en « un jardin vide pour le plaisir de quelques uns »,
culte des idoles et de la toute puissance, folle quête du vide qui ne rassasie pas !

Il existe un chemin pour remettre l’argent à sa place,
remettre le profit au service du bien commun,
un chemin de solidarité au-delà des nos propres intérêts

Il existe un chemin pour soigner les immenses blessures des humains,
les soulager avec l’huile de la consolation,
les panser avec le baume de la miséricorde

Il existe un chemin d’estime de soi,
un chemin pour libérer la parole…
un chemin pour dépasser le passé,
il existe un chemin de guérison profonde,
pour moins se raidir, et plus s’assouplir,
pour devenir « moins dur avec le pécheur, et moins mou avec le péché« .
Laisse Jésus pacifier ton coeur et lui ouvrir un nouveau chemin de liberté intérieure,
cesse de te raidir, de t’endurcir,
il y a assez de forces dans ce monde qui n’ont pas de pité,
aime-toi enfin !

Il existe un chemin pour accepter nos fragilités,
et un autre pour les offrir,
il existe un chemin pour aider ton frère à porter sa croix,
et un autre pour ne pas surcharger celle des autres

Il existe un chemin où le Créateur s’est fait « fils de sa propre création »,
pour la transfigurer de l’intérieur,
un chemin où le Tout-puissant, le Miséricordieux, s’est abaissé pour nous relever,
telle est la Miséricorde, le cœur de Dieu !

Il existe un chemin d’unité pour marcher ensemble en frères,
un chemin de compassion qui jaillit de la fraternité !
Avec Toi, Père, Fils, Esprit,
au coeur de Ton Coeur,
Dieu d’alliance, de tendresse et de consolation,
dans ce coeur à Coeur,
celui qui aime Te connaît !

Il existe un chemin que Dieu nous propose de suivre : son Fils Jésus !
ce chemin, c’est une Personne qui t’aime,
chacun est invité à le prendre,
personne n’y est contraint,
mais la Vie jaillit de son Coeur en abondance : elle donne la vraie liberté

Il existe un chemin pour cultiver un sens fort de la justice,
et un autre pour vivre la miséricorde,
ces deux chemins ne s’opposent pas

Il existe un chemin de fraternité pour tous les pauvres de la Terre,
les réfugiés, les migrants, ceux qui on tout quitté, ceux qui ont tout perdu,
il existe un chemin pour vaincre l’indifférence et conquérir la paix.
Il existe un chemin pour se laisser toucher par les petits de ce monde,
il existe un chemin pour sortir de nous-mêmes, nous désemcombrer du poids de notre vide,
il existe un chemin pour entendre les cris de douleurs,
pour être compatissant et bienveillant

Il existe un chemin pour passer de l’indifférence à la miséricorde :
en puisant chaque jour un peu d’eau, pour féconder les déserts de nos vies,
en trouvant la Source de toujours, l’eau vive pour la suite des jours

« Dieu n’est pas indifférent, Dieu accorde de l’importance à l’humanité, Dieu ne l’abandonne pas ! »
il existe un chemin pour faire silence,
il existe un chemin pour Le trouver, pour L’écouter, pour Le recevoir, pour Le donner
à celui qui est assoiffé, à celui qui a faim,
à celui qui est malade, à celui qui est seul,
à celui qui est sans travail, à celui qui est nu,
à celui qui subit l’injustice, à celui qui est persécuté,
à celui qui a fui la guerre, à celui qui a quitté sa terre,
à celui qui tout simplement mendie de l’amour !

Chrétien, par ton baptême,
tu as reçu la mission de rester près de Jésus,
de communiquer un peu de sa bonté, de sa tendresse et de sa patience.
Accompagne tes frères dans leur voyage à travers la vie,
garde ta relation profonde au Christ : c’est Lui qui libère !

Oh immense et si aimable Miséricorde qui porte mes misères,
Tu creuses patiemment en moi des chemins de réconciliation, de tendresse et de gratitude,
Tu me cherches sans te lasser, je ne trouverai pas la paix avant de T’avoir connue !
Que mon coeur qui se sait aimé à ce point
puisse à son tour devenir miséricordieux envers les autres,
car je comprends que sans Toi qui me restaures et me sauves en profondeur,
je pourrais descendre très bas…

Il existe un chemin pour que des aveugles ne guident plus les aveugles,
pour que la politique redevienne service des autres et du bien commun.
Il existe un chemin pour que la France soit relevée,
il existe un chemin pour demain,
quand il faudra tout reconstruire,
renouer avec la Sagesse oubliée

Il existe un chemin de victoire sur le mal par l’Amour,
il existe un chemin d’amour et de beauté qui peut tout sauver !
Mais l’homme agit encore comme Jacob contre l’ange de Dieu,
il lui faudra céder un jour,
et laisser enfin Dieu éliminer en lui les causes de ses drames existentiels et spirituels.
Alors l’homme sera sauvé par la beauté transfigurée par l’Amour !

Il y a tant de chemins pour rendre visible l’Invisible,
il suffit d’en parcourir quelques uns,
commencer à aimer : « un chemin tout simple », disait Mère Térésa

Il existe mille manières de te souhaiter une bonne année,
mais c’est celle-là que j’ai choisie,

M.V.


Fragments d’éternité

Le christianisme ne promet pas le simple salut de l’âme, dans un quelconque au-delà où toutes les valeurs et les choses précieuses de ce monde disparaîtraient comme s’il s’agissait d’une scène qu’on auraît bâtie autrefois et qui disparaîtrait désormais.

Le christianisme promet l’éternité de ce qui s’est réalisé sur cette terre. Dieu connaît et aime cet homme total que nous sommes actuellement.

Est donc immortel ce qui grandit et se développe dans notre vie de maintenant. C’est dans notre corps que nous souffrons et aimons, que nous espérons, que nous éprouvons de la joie et de la tristesse, que nous progressons à travers le temps. Tout ce qui grandit ainsi dans notre vie de maintenant, c’est ce qui est impérissable.

Est donc impérissable ce que nous sommes devenus dans notre corps, ce qui a grandi et mûri au coeur de notre vie, en lien avec les choses de ce monde.

C’est “l’homme total” tel qu’il s’est situé en ce monde, tel qu’il y a vécu et souffert, qui sera un jour emporté dans l’éternité de Dieu et qui aura part, en Dieu Lui-même, à l’éternité. C’est cela qui doit nous envahir d’une joie profonde.

dans « Vivre sa foi », Joseph Ratzinger, 1981.

Ainsi, nos vies peu à peu s’étoffent de fragments d’éternité qui seront notre couronne au Ciel, pour reprendre une pensée chère à Ste Thérèse. Et sur ce chemin, nous avons la chance en cette période de notre histoire d’avoir le pape François.

En ce début d’été 2015, chacun est invité à lire et à méditer ce texte saisissant Loué sois-Tu (cliquer pour le charger) de François. Oui, l’Eglise s’intéresse à l’écologie, et même depuis plusieurs décennies ! Mais la Bible dans son intégralité nous parle depuis très lontemps de la beauté de la Création et invite tout être humain à entrer dans une merveilleuse alliance avec son Dieu, à vivre une écologie globale : naturelle, humaine et spirituelle.

Notre monde a besoin d’être sauvé, globalement, plus que jamais. Et chacun de nous en particulier. Offrons notre participation éclairée et généreuse à cette oeuvre primordiale !

Bon été à toutes et à tous,

M.V.


Désormais, vous savez…

Quel est le point commun entre ces pays : Corée du Nord, Somalie, Irak, Syrie, Afghanistan, Soudan, Iran, Pakistan, Erythrée, Nigeria, Maldives, Arabie Saoudite, Libye,Yémen, Ouzbékistan,Vietnam, Centrafrique, Qatar, Kenya, Turkménistan, Inde, Ethiopie, Egypte, Djibouti, Myanmar, Territoires Palestiniens, Brunei, Laos, Chine, Jordanie, Bhoutan, Comores, Tanzanie, Algérie, Colombie, Tunisie, Malaisie, Mexique, Oman, Mali, Turquie, Kazakhstan, Bangladesh, Sri Lanka, Tadjikistan, Azerbaïdjan, Indonésie et Mauritanie ?

Vous ne voyez pas ?

150 à 200 millions de chrétiens y subissent des persécutions pour le seul fait de croire au Christ. Oui, c’est bien par haine de la foi chrétienne, et par elle seule, que de nos jours encore, des enfants, des femmes et des hommes sont persécutés, emprisonnés, condamnés ou assassinés seulement parce qu’ils sont chrétiens ou engagés en faveur de la justice et la paix au nom de leur foi.

Dernier épisode relayé par les médias : le 2 avril 2015 à Garissa, au Kenya 148 étudiants ont subi « la brutalité insensée » d’un groupe de djihadistes qui les a assassinés, après les avoir triés pour n’éliminer que les chrétiens.
En Irak et en Syrie, nous assistons depuis quelques années à un phénomène terroriste d’une dimension jusqu’alors inimaginable. Des exactions d’une atrocité inouïe sont commises par « l’État islamique » (Daech) : meurtres de masse, décapitation de ceux qui pensent différemment, éventration de femmes enceintes, vente des femmes sur le marché, enrôlement des enfants pour les combats, destruction des lieux de culte,…

On peut parler légitimenent d’une « guerre mondiale faite aux chrétiens », selon le mot de John Allen.

« On a l’impression que toute conscience de la valeur de la vie humaine a été perdue, que la personne ne compte plus et que l’on peut la sacrifier à d’autres intérêts. Et tout cela dans l’indifférence de tant de monde. » (Pape François)
Le monde entier doit connaître « l’intolérable brutalité » dont sont victimes les chrétiens dans de nombreux pays. Il est l’heure de prier pour ceux qui tombent massivement ! Il est l’heure de sauver ceux qui ne tiendront plus encore très longtemps ! Il est temps d’écouter l’appel de ceux qui nous supplient de les aider…

« J’ai cette grande espérance qu’à la fin, la résurrection viendra. Nous sommes dans un tunnel, il est long, étroit et sombre. Mais au bout, il y a la lumière, il y a le jour. Le mal n’a pas d’avenir. Il fait beaucoup de dégâts, beaucoup de bruit, il tue ! Mais il n’a pas d’avenir. Alors que le bien est lent, laborieux, mais il est stable, il est vainqueur » (Louis Raphael Sako, patriarche des chaldéens).


Deux vœux pour 2015

Retrouvons le sens de nos limites

Au début de l’année 2014, trois jeunes gens publient un court mais remarquable essai « Nos limites » (dont le produit de la vente est reversé à l’association « Espérance banlieues » qui crée des écoles en plein cœur des cités sensibles, adaptées aux défis éducatifs posés par ces territoires).
Ils dressent une analyse lucide et décapante des excès et des manques de notre époque, appelant de leurs vœux une écologie intégrale. Face à la technique sans âme et au marché sans loi, cette voie offre l’espérance d’un monde à la mesure de l’homme, fondé sur l’entraide et le don, fruits de nos limites.
Un vigoureux appel à « vivre plus simplement pour que chacun puisse simplement vivre » !  Extraits :

« Quelle orientation et quelles significations donnerons-nous à l’aventure humaine à l’heure où l’individualisme de masse se développe au sein même du « village planétaire » ? Au moment où chacun semble de plus en plus nu et désarmé face aux nouveaux prédateurs du pouvoir et des marchés financiers, vivre une simplicité discrète nous semble le meilleur remède à la sophistication contemporaine qui, loin de combler nos désirs et répondre à nos aspirations, altère notre rapport au monde, aux autres, et finalement à nous-mêmes.

Qui ne voit que le consumérisme sans limites, non content d’abîmer irrémédiablement notre planète, produit plus de misère que de joie ? La globalisation effrénée de toute chose, à force de repousser les limites et de déraciner les foyers identitaires à grands coups d’ouverture de frontières et de délocalisations, semble foncer droit dans le mur, en rendant pour tous le monde moins habitable.

Loin de rapprocher les hommes, on détruit des cultures vivrières pour imposer des agricultures d’exportation, on étire les circuits d’exportation aux extrêmes limites du monde, on multiplie les intermédiaires entre producteurs et consommateurs. Par mépris du terroir, toujours suspect de conservatisme, on piétine le local et on risque bien, à terme, de n’avoir justement plus rien à conserver.

La mise en concurrence des travailleurs à l’échelle du monde obéit d’abord à la dure loi du productivisme, lui-même régi par des impératifs de rentabilité maximale, qui ravagent autant la société que la nature. Les migrants économiques, légaux ou clandestins, sont les premières victimes de cette économie sans frontières et de cette précarisation accélérée du monde, car la misère qui leur fait miroiter un lointain Eldorado les arrache à leurs foyers, à leurs familles.

Aussi est-il grand temps, selon le mot d’Ivan Illich, de « bâtir une société où l’acte personnel retrouve une valeur plus grande que la fabrication des choses et la manipulation des êtres ».
La conscience de notre finitude humaine en est la condition. Notre survie sur une terre habitable pour tous dépend moins du progrès technique que de notre faculté à trouver un rapport sain et durable avec notre environnement et avec notre propre nature humaine.

Notre finitude implique notre dépendance : nous avons besoin les uns des autres parce que nous sommes des êtres vulnérables et incomplets. Continuerons-nous longtemps à vouloir contrôler toujours plus la vie, de la conception à la mort, à la soumettre à nos rêves de perfection, ou saurons-nous accepter cette vulnérabilité intrinsèque qui est moins l’obstacle que la condition de notre dignité ?

Quelques pistes : parler de personne à personne, plutôt que de groupe à groupe, préférer la qualité à la quantité, agir ici et maintenant, à notre place, avant de se projeter dans un futur hypothétique et lointain. Moins, mais mieux : seul moyen d’empêcher que « notre vie se gaspille en détail ». Nous libérer peu à peu du superflu et prendre soin de ce qui est fragile, de ceux qui sont fragiles ».

Vivons comme il convient

Qu’est-ce que révèle cette incapacité à reconnaître nos limites sinon une profonde angoisse d’exister, tant visible dans la tentation actuelle du transhumanisme, ou dans nos sociétés « d’abondance sans plénitude », sans aspiration supérieure, où l’argent est devenu le roi ? L’actualité nous montre, hélas, combien les limites ont explosé quand il s’agit de vendre n’importe quoi, n’importe où, à n’importe qui, au mépris de toute considération de santé, physique, morale, écologique ou spirituelle.

Si notre monde va dans l’impasse, il y a peut-être moyen de travailler à un changement d’attitude qui engendre le moins de malheurs possible, et qui peut – c’est notre espérance – renverser le courant dévastateur. « Ce qui nous appartient, c’est de vivre le présent comme il convient », conseille le philosophe mathématicien Olivier Rey. Et je crois que cela sonne juste !

Ce souci du bien agir, ici et maintenant, est une force qui anime bien des gens d’horizons très divers, dans la mouvance écologique et décroissante par exemple. Je rencontre de plus en plus d’objecteurs de conscience qui entrent en désertion, par leur refus affirmé de collaborer directement ou indirectement à l’entreprise d’anéantissement et de déshumanisation de notre milieu vital, même par de tous petits actes de leur vie quotidienne. Je m’en réjouis, car il y a dans ces attitudes, sans même le savoir le plus souvent, comme un prélude, un désir de plénitude évangélique.

Dans « Une vie pour aimer », Stan Rougier dit que « la plupart des hommes vivent à la surface d’eux-mêmes, parce qu’ils sont privés d’un climat d’amour qui est plus nécessaire que le pain ». Cela fait écho à cette parole prononcée un jour par un évêque africain : « l’homme a besoin de pain pour vivre, mais il a besoin de la Parole de Dieu pour vouloir vivre, pour ne pas entrer dans la désespérance ».
Oui, Dieu aime chacun de nous d’un amour sans limite, un amour libérateur qui nous fait « passer de nos ténèbres à son admirable lumière » (lettre de Pierre 2,4-9). Et c’est en Jésus son Fils venu parmi nous qu’il nous l’a montré de manière très concrète. Christ est venu en notre humanité pour nous faire communier à sa vie divine ! C’est cela, la vraie joie de Noël !

Si « la vie est née d’un débordement de la tendresse divine, et que l’amour en est le début et le terme », alors « vivre comme il convient » c’est aimer en tout temps en puisant à cet Amour pour le rendre visible et concret là où il est vital qu’il y ait de l’amour pour réchauffer les cœurs et guérir les âmes. C’est-à-dire partout ! Mais notre vie témoigne-t-elle suffisamment de cette prodigieuse libération et des merveilles de cet Amour ?

En ce début d’année, j’aurai une prière particulière pour nos frères d’Irak et de Syrie… pour les enfants livrés à la violence des guerres… pour les femmes livrées à la violence et à l’humiliation des hommes… pour celles et ceux qui sont blessés dans leurs liens d’amour ou d’amitié… pour tous ceux enfin qui cherchent un chemin pour mieux vivre, une espérance dans leur nuit, un cœur qui les comprenne…

Je laisse le dernier mot à mon ami Stan Rougier, un homme de cœur : « dans l’éternité, quelle sera notre joie de découvrir combien nous aurons été, les uns pour les autres, messagers de Dieu, ambassadeurs de Sa tendresse ! C’est sur la seule balance de l’amour que sera pesée notre vie ».

M.V.


Dans la joie de Noël

Aujourd’hui, dans notre monde le Verbe est né,
pour parler du Père aux hommes qu’il a tant aimés.
Et le ciel nous apprend le grand mystère,

Gloire à Dieu, et paix sur terre, Alleluia !

Aujourd’hui, dans nos ténèbres, le Christ a lui,
Pour ouvrir les yeux des hommes qui vont dans la nuit.
L’univers est baigné de sa lumière,

Gloire à Dieu, et paix sur terre, Alleluia !

Aujourd’hui dans notre monde a paru la Vie,
Pour changer le cœur des hommes qui sont endurcis,
Et l’amour est plus fort que nos misères,

Gloire à Dieu, et paix sur terre, Alleluia !

Aujourd’hui, dans notre chair est entré Jésus,
Pour unir en lui les hommes qui l’ont attendu,
Et Marie, à genoux, l’offre à son Père,

Gloire à Dieu, et paix sur terre, Alleluia !


2014 en toute simplicité

Je suis convaincu que chacun d’entre nous est porteur de questions et d’attentes fondamentales dont les réponses et la satisfaction nous seront données si nous revenons à plus de simplicité.

Le monde est devenu trop compliqué, trop exigeant. Et nous aussi. Nous nous sommes habitués à vouloir toujours plus, sans même nous demander pourquoi, oubliant trop souvent la misère et la grande pauvreté qui touchent deux milliards d’êtres humains.

Même la foi a souvent été présentée ou comprise comme compliquée, alors que l’Évangile est destiné à tous, en commençant par les cœurs simples et accueillants, que Jésus appelle « pauvres en esprit ». Il est bon de se le rappeler, à l’heure où le Pape François veut nous ramener à l’essentiel. Et je me dis qu’en écoutant ce Pape qui a la « jeunesse de la sainteté », beaucoup, assoiffés de (re)connaître le visage de Dieu vont (re)trouver un chemin de vie, un parfum de simplicité, qui conduisent à l’expérience de la joie, au sein même des épreuves de ce temps. Ce temps qui est appelé à renaître !

Car, le grand risque du monde d’aujourd’hui, avec son offre de consommation multiple et écrasante, est une tristesse individualiste qui vient du cœur bien installé et avare, de la recherche malade de plaisirs superficiels, de la conscience isolée. Quand la vie intérieure se ferme sur ses propres intérêts, il n’y a plus de place pour les autres, les pauvres n’entrent plus, on n’écoute plus la Parole de Dieu, on ne jouit plus de la douce joie de son amour, l’enthousiasme à faire le bien ne palpite plus. Même les croyants courent ce risque, certain et permanent. Beaucoup y succombent et se transforment en personnes vexées, mécontentes, sans vie évangélique.

Cet Évangile est une invitation lancée par Dieu pour nous rendre pleinement heureux, pas superficiellement. La foi qu’il suscite n’est pas d’abord un système de valeurs, de convictions, un programme pré-établi ou une morale : c’est une rencontre avec le Christ et une espérance. Dieu est une Personne qui libère, qui donne à la vie un nouvel horizon, et par là son orientation décisive. La joie de l’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus et se laissent sauver par lui de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement, du manque d’amour.

Avec Lui, la joie naît et renaît toujours. Quand quelqu’un fait un petit pas vers Lui, il découvre que celui-ci attendait déjà sa venue à bras ouverts. C’est le moment pour dire : « Seigneur, je me suis laissé tromper, abîmer, de mille manières j’ai fui ton amour. J’ai besoin de toi, accepte-moi entre tes bras rédempteurs ». Cela nous fait tant de bien de revenir à lui quand nous nous sommes perdus ! Dieu ne se fatigue jamais de pardonner, c’est nous qui nous fatiguons de demander sa miséricorde.

Nous parviendrons à être pleinement humains quand nous serons plus qu’humains, quand nous permettrons à Dieu de nous conduire au-delà de nous-mêmes, jusqu’à notre être le plus vrai. Ce qui est d’abord une expérience personnelle doit s’étendre au monde entier, qui ne trouvera certainement la paix que lorsqu’il rencontrera la Miséricorde de Dieu. Mais, nous gaspillons trop souvent notre vie, notre énergie, nos ressources, à courir après l’inutile, le factice, l’éphémère. Alors, si nous devenons plus simples, le monde le deviendra aussi, à terme !

Certes, tout ne dépend pas de nous, et une grande part de la marche de la planète échappe à notre pouvoir de décision. Nous n’avons prise que sur un petit nombre de choses et un petit bout d’espace. Nous ne côtoyons et ne pouvons aimer réellement durant notre vie qu’un petit nombre de gens. Cet amour n’est pas coté sur les marchés financiers, mais c’est lui qui soutient le monde, et il ne s’écroulera pas ! Et cela est suffisant pour changer beaucoup de choses : à chacun de discerner ce qu’il doit modifier en lui et autour de lui.

Alors n’oublions pas d’aimer, de partager, davantage, jusqu’au bout, tout simplement, comme le Christ nous l’a montré. Recherchons la justice et le vrai bien de tous : le reste nous sera donné par surcroît… Courage !

M.V.


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