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Engagement écologique de l’Eglise : écoutons le pape François

Cultivons nous et protégeons nous vraiment la nature, ou bien exploitons nous et négligeons nous la création ?

« Cultiver et protéger est un commandement de Dieu valable dans le temps et applicable à chacun de nous. Cela fait partie de son projet qui est de faire grandir le monde dans la responsabilité, afin d’en faire un jardin, un espace vivable pour tous. Benoît XVI a plusieurs fois rappelé que la mission attribuée à l’humanité par le Créateur implique le respect des rythmes et de la logique de la création. Mais l’homme est souvent dominé par la tendance à dominer, posséder, manipuler et exploiter, et non par le respect de la nature considérée comme un don gratuit.

Ainsi perd-on le sens de la contemplation et de l’écoute de la création, ainsi oublie-t-on de cueillir ce que Benoît XVI appelle le rythme de l’histoire d’amour entre Dieu et l’homme. Ce défaut vient de ce qu’on pense et vit de façon horizontale, loin de Dieu et loin de ses signes ».

La dictature de l’argent

« Mais se cultiver et protéger comprend aussi les rapports humains […]. Si la crise actuelle est largement liée à l’environnement, elle touche également l’homme. La personne est en danger et ceci justifie la priorité d’une écologie humaine. Ce danger est d’autant plus grave que sa cause est profonde. Il ne s’agit pas d’économie mais d’éthique et d’anthropologie […] même si tout est dominé par une économie et une finance démunies d’éthique qui sacrifient les personnes au profit et à la consommation. Il s’agit d’une culture du gaspillage et du rejet […] qui tend à devenir commune…

La mode aujourd’hui c’est l’argent et la richesse, pas l’homme. C’est la dictature de l’argent. Dieu a chargé l’homme de gérer la terre, non l’argent. Là est le devoir de chacun de nous. A l’inverse, la vie et la personne n’y sont plus considérées comme des valeurs primaires […]. Cette culture rend insensible jusqu’au gaspillage alimentaire […].

D’abord les personnes

La société de consommation nous a habitués à l’excès et au gaspillage des aliments, auxquels on finit par ne plus accorder de valeur. Et ceci va bien au-delà des simples paramètres économiques car ces denrées sont en fait comme volées aux pauvres et aux affamés. Je vous invite donc à réfléchir sur cette problématique  […].

Si une nuit d’hiver, tout près de cette place, quelqu’un meurt dans la rue, ce n’est pas une information, alors que si un réseau électronique saute c’est un drame ! Si la bourse fléchit de quelques points, c’est une tragédie, mais non que des êtres humains soient rejetés comme on jette des ordures…

Partout de par le monde il y a des enfants qui n’ont rien à manger et on fait comme si c’était normal. Il ne peut pas en être ainsi ! […]. Prenons tous l’engagement à respecter et protéger l’environnement et la création. Soyons attentifs à toute personne et luttons contre la culture du gaspillage et du rejet au profit d’une culture de la solidarité et du dialogue ».


Merci à notre grand Pape Benoît

« Lors de son élection en 2005, Benoît XVI s’est présenté comme un modeste serviteur dans la vigne du Seigneur. Les huit années écoulées nous ont montré que, de sa part, il ne s’agissait pas d’une simple formule de convenance, mais bien d’une conviction profonde qui devait éclairer tout son pontificat. Ni sa brillante intelligence, ni son immense culture, ni sa remarquable capacité pédagogique, rien chez lui n’a jamais été utilisé pour dominer ses interlocuteurs ou ses collaborateurs ou pour contraindre à une adhésion dont il savait qu’elle devait avant tout être le choix d’une liberté éclairée. Alors qu’il vient de renoncer à exercer sa charge, nous voulons saluer d’abord sa lucidité et son courage devant une décision difficile à prendre et qu’il a longuement murie. Nous voulons aussi lui exprimer notre gratitude et rendre grâce à Dieu pour les années de son pontificat.

Nous pouvons comprendre que ceux qui ne partagent pas notre foi fassent des événements que nous vivons une lecture principalement politique ou idéologique, quand elle n’est pas tout simplement exotique mesurant la vitalité de l’Église à son conformisme avec les slogans du moment ou à sa plus ou moins grande capacité à donner des signes de modernité.

Pour nous, nous savons, et Benoît XVI n’a pas cessé de nous le rappeler à temps et à contretemps, que la vitalité de l’Église dépend de sa détermination à se mettre à l’unisson du Christ et à y revenir sans cesse. Le chemin de notre conversion se dessine quand nous écoutons la Parole de Dieu et que nous nous en nourrissons, quand nous entrons dans l’offrande que Jésus a faite de sa vie par amour pour Dieu et pour les hommes, quand nous développons notre capacité à rendre compte de notre espérance devant le monde, quand nous manifestons la réalité de notre foi par la vigueur de notre engagement dans l’amour des autres »

Cardinal André Vingt-Trois, 28 février 2013, messe d’action de grâces pour le pontificat de Benoît XVI


Le temple de Dieu : c’est toi !

On a souvent entendu dire que Moïse, après avoir fait sortir Israël d’Égypte, a construit dans le désert un tabernacle, une tente de sanctuaire, grâce aux dons des fils de Jacob… Il faut bien voir, comme le dit l’apôtre Paul, que tout cela était un symbole (1Co 10,6)… C’est vous, mes frères, qui êtes maintenant le tabernacle de Dieu, le temple de Dieu, comme l’explique l’apôtre : « Le temple de Dieu est saint, et ce temple, c’est vous ». Temple où Dieu régnera éternellement, vous êtes sa tente parce qu’il est avec vous sur la route ; il a soif en vous, il a faim en vous. Cette tente est encore portée…dans le désert de cette vie, jusqu’à ce que nous parvenions à la Terre de la Promesse. Alors la tente deviendra Temple et le véritable Salomon en fera la dédicace « durant sept jours et encore sept jours » (1R 8,65), c’est-à-dire le double repos…de l’immortalité pour le corps et la béatitude pour l’âme.

Mais pour le moment, si nous sommes « spirituellement sortis d’Égypte », faisons chacun, faisons tous des offrandes pour la construction du tabernacle… : « Car chacun reçoit de Dieu son don particulier, l’un celui-ci, l’autre celui-là » (1Co 7,7)… Que tout soit donc commun à tous… Que personne ne considère le charisme qu’il a reçu de Dieu comme son bien propre ; que personne ne soit jaloux d’un charisme que son frère aurait reçu. Mais que chacun regarde ce qui est à lui comme étant à tous ses frères, et qu’il n’hésite pas à considérer comme sien ce qui est à son frère. Selon son dessein miséricordieux, Dieu agit envers nous de telle sorte que chacun ait besoin des autres : ce que l’un n’a pas, il peut le trouver en son frère… « A plusieurs nous ne formons qu’un seul Corps dans le Christ et, chacun pour sa part, nous sommes membres les uns des autres » (Rm 12,5).

D’après Saint Aelred de Rievaulx (1110-1167), moine cistercien

A méditer et à faire tien, si tu veux voir un monde plus juste s’édifier peu à peu…


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