QUE PASSE LA CHARRUE

Que passe la charrue sur nos landes rebelles, sur nos terres en friche !
La Parole ira s’y planter, promesse pour le pauvre, et pauvreté offerte au riche.
Au feu tout le bois mort, que la flamme s’étende aux chardons, aux épines !
Et leurs cendres pourront servir à féconder la terre où la parole prend racine.
Que tombe sur nos sols de poussière et de roche une pluie généreuse !
On verra les feuilles pointer et les bourgeons éclore de la Parole qui nous creuse.
Advienne le soleil et vers lui que s’élance la poussée de la sève !
La parole nourrit son fruit d’amour et de justice dans la louange qui l’achève.

QUI PEUT ME DIRE

Qui peut me dire le jour où Jésus, le Christ, est né ?
Vois, Jésus prend naissance quand l’homme commence
d’ouvrir son cœur et ses mains pour changer la vie de ses frères.
Alors, Jésus prend naissance. Alors, Jésus prend naissance.

Tu es venu… et c’est aux petits que tu as choisi de te manifester d’abord.
Des gens à la réputation douteuse, des marginaux, des SDF dirions-nous aujourd’hui.
Des gens sans pouvoir, sans savoir, sans avoir.
Mais qui se sont levés en pleine nuit pour aller te voir et te donner le meilleur d’eux-mêmes.
Des gens au cœur libre, ouvert, prêt à t’accueillir.

Je dépose à tes pieds, Seigneur, tout ce qui fait mon quotidien.
Aide-moi à me désencombrer de mes acquis et de mes attentes,
de mes certitudes et de mes doutes, de mes réalisations et de mes projets.
Aide-moi à me mettre debout pour venir simplement te regarder,
t’adorer en silence et passer un moment humblement en ta présence,
…dans la paix que tu donnes à ceux qui aiment.

Qui peut me dire l’endroit, où Jésus, le Christ est né ?
Vois, Jésus prend naissance où l’homme commence
d’ouvrir son cœur et ses mains pour changer la vie de ses frères.
Oui, là, Jésus prend naissance. Oui, là, Jésus prend naissance.

Tu es venu… révélant ta présence aux étrangers qui te cherchaient,
perdus dans la nuit des illusions du monde.
Des sages ? des philosophes ? Des gens en recherche, en quête de vérité.
Égarés en terre inconnue, exposés aux intempéries et aux périls du voyage.

Avec patience, Seigneur, tu me laisses le temps,
tu respectes mon cheminement.
J’étais si sûr(e) d’avoir choisi le bon chemin!
Mais tu es souvent bien « déroutant » !

Je dépose à tes pieds tout ce qui faisait ma route.
Aide-moi à me remettre en question, à ne jamais me croire arrivé, à oser la confiance.
Au-delà des apparences, montre-moi un chemin plus intérieur pour devenir « autre »,
ton chemin … dans la paix que tu donnes à ceux qui croient.

Qui peut me dire pourquoi Jésus le Seigneur est né ?
Vois, Jésus prend naissance pour toi qui commences
d’ouvrir ton cœur et tes mains pour changer la vie de tes frères.
Pour toi Jésus prend naissance. Pour toi Jésus prend naissance.

Tu es venu… mais il a fallu bien du temps aux tiens pour te reconnaître.
T’attendaient-ils vraiment ?
Trop occupés pour t’accueillir, trop égoïstes pour te croire, trop peureux pour te suivre…

Seigneur Jésus, toi le Dieu qui s’est fait homme,
tu m’invites à construire un monde meilleur, plus juste, plus « humain ».
Je dépose à tes pieds mon souci de paraître, ma fâcheuse tendance à tout ramener à moi,
mon désir d’une confortable tranquillité.

Aide-moi à me mettre au service de tous, spécialement des plus petits
… dans la paix que tu donnes à ceux qui espèrent…

LE FILS DE DIEU, LES BRAS OUVERTS

Le Fils de Dieu, les bras ouverts,
A tout saisi dans son offrande,
L’effort de l’homme et son travail,
Le poids perdu de la souffrance.

L’élan puissant de son amour
Attire à lui la terre entière,
Il fait entrer dans son repos
Le monde en marche vers le Père.

Renouvelée par Jésus Christ,
Principe et fin de toute chose,
La création devient en lui
Première étape du Royaume.

DEMAIN LE JOUR SURGIRA

La Parole en silence se consume pour nous,
L’espoir du monde a parcouru sa route.
Voici l’heure où la vie retourne à la source :
Dernier labeur de la chair mise en croix.

Serviteur inutile, les yeux clos désormais,
Le Fils de l’homme a terminé son oeuvre.
La lumière apparue rejoint l’invisible,
Le nuit s’étend sur le corps : Jésus meurt.

Maintenant tout repose dans l’unique oblation.
Les mains du Père ont recueilli le souffle.
Le visage incliné s’apaise aux ténèbres,
Le coup de lance a scellé la passion.

Le rideau se déchire dans le Temple désert.
La mort du Juste a consommé la faute,
Et l’Amour a gagné l’immense défaite :
Demain, le Jour surgira du tombeau.

VOICI L’ESPRIT !

Retournez-vous, voici l’Esprit
Du Seigneur, au vent de la nuit qui passe au monde;
Accueillez-le, ne craignez rien; à la croisée de vos chemins,
Laissez-vous couvrir de son ombre.
N’alliez-vous pas vous desséchant
Dans vos lois de chair et de sang, à perte d’être?
Hébergez-le, vous renaîtrez, car Dieu travaille au plus secret:
Sa lumière luit aux ténèbres.
Ouvrez la fente de vos coeurs, et voyez celle du Seigneur, l’arbre de vie;
Rapprochez-les, restez greffés, buvez la sève désormais
Dont la plaie du Christ est remplie.
Et son Esprit brise les joints avec l’arbre mort du jardin de sève humaine;
Ne manquez pas ici le bond des derniers temps de création,
Où l’amour de Dieu nous entraîne.
Ne rompez pas vos nouveaux liens;
Vous croîtrez avec l’Esprit Saint jusqu’à cette heure
Du Fils de l’homme éblouissant par tous les hommes de son sang,
Qui l’auront choisi pour demeure.

RAYONS DE LUMIERE

Rayons de la Lumière,
Gestes de notre Père,
Mouvements de l’Esprit,
Qui joignez l’Amour et le Coeur,
Le Saint et le pécheur,
Le Silence et le bruit,
Par l’espace unitaire
De nos corps sur la terre,
Découvrez-nous le lieu
Où l’homme trouve Dieu
En chaque créature
Pour que le Règne vienne
Et que la figure humaine
Reflète la Face souveraine !

TU NOUS MANQUES SEIGNEUR

A la mesure sans mesure de Ton immensité
Tu nous manques, Seigneur.
Dans le tréfonds de notre coeur
Ta place reste marquée
Comme un grand vide, une blessure.
A l’infini de Ta présence le monde est allusion,
Car tes mains l’ont formé.
Mais il gémit en exilé,
Et crie sa désolation
De n’éprouver que Ton silence.

Dans le tourment de Ton absence, c’est Toi déjà, Seigneur,
Qui nous a rencontrés.
Tu n’es jamais un étranger,
Mais l’hôte plus intérieur
Qui se révèle en transparence.
Caché au creux de Ton mystère, nous Te reconnaissons
Sans jamais Te saisir.
Le pauvre seul peut T’accueillir,
D’un coeur brûlé d’attention,
Les yeux tournés vers ta lumière.

NOUS AVONS QUITTE

Nous avons quitté nos chemins de peine
Pour goûter près de toi le repos;
Seigneur, tu le sais, nous cherchons le Père,
Apprends-nous à prier.
Saurons-nous veiller quand la chair est faible?
Ton désir nous soutient dans la foi;
Seigneur, nous croyons, montre-nous le Père,
Montre-nous sa beauté.

Un instant nos yeux ont surpris ta gloire :
Te voici rayonnant de splendeur;
Seigneur, notre joie, tu as vu le Père,
Ton visage est clarté.

Dans la nuit des temps sa cachait ta face :
Les prophètes annonçaient ta venue;
Seigneur, aujourd’hui, à la voix du Père,
Nous t’avons reconnu.

Il nous faut encore soutenir l’épreuve,
Traverser avec toi d’autres nuits;
Seigneur, Fils de Dieu, conduis-nous au Père,
Transfigure nos vies.

EGLISE DE TOUJOURS

Eglise de toujours, aux écoutes du monde,
Entends-tu bouillonner les forces de l’hitoire ?
La terre est travaillée d’une sourde violence,
Affamée d’unité, en mal de délivrance.

Eglise de toujours, au service du monde,
Enracine la foi au coeur de nos détresses,
Dégage de ses liens cet espoir qui tressaille,
Engagé sur la voie d’angoisse et de promesse.

Eglise de toujours, Evangile du monde,
Affranchis de la peur la terre qui enfante,
Baptise dans l’Esprit l’écolsion de son germe,
Coule en fleuve de paix, emporte notre histoire.

IL VIENDRA UN SOIR

Il viendra, un soir où nul ne l’attend plus, peut-être.
Appelé par son nom, quelqu’un tressaillera.
Au coeur sans mémoire, qu’un temps soit accordé pour qu’il se souvienne !
Il viendra un soir pareil à celui-là, peut-être.
A l’orient, devant lui, le ciel s’embrasera.
Au pauvre, allez dire que tout s’accomplira selon la promesse !
Il viendra un soir où rôde le malheur, peut-être.
Ce soir-là, sur nos peurs, l’amour l’emportera.
Criez à tous les hommes que rien n’est compromis de leur espérance !
Il viendra ; un soir sera le dernier soir du monde.
Un silence d’abord, et l’hymne éclatera.
Un chant de louange sera le premier mot dans l’aube nouvelle.